Le gore continue, malheureusement, à mes dépens. GGggggrrrr
Ce matin, conformément à ce qui m’avait été précédemment demandé, je me présente aux urgences gynéco pour montrer mon échographie douteuse au médecin de garde, celle que j’ai fait la veille avec
la folle à l’aisselle liquidement expressive.
Déjà, les aides soignantes ne trouvent pas mon dossier et cherchent, cherchent, cherchent, retournent la moitié des urgences avant d’avoir l’idée d’aller voir dans les archives des semaines
précédentes alors que je leur ai dit que j’étais venue il y a dix jours. Bref, passons.
Je me dirige vers la salle d’attente et commence Lune Enragée, de Jim Butcher. Je n’y peux rien, impossible pour moi de lire des trucs ‘sérieux’ avant un examen gynéco, strictement
impossible. Oh mon dieu ! Il y a une femme sur le point d’accoucher dans la salle d’attente. Elle hurle à cause de ses contractions ce qui ne semble nullement émouvoir les médecins qui
passent à un mètre d’elle. Entre deux crises, elle envoie son compagnon chercher une infirmière. Celui-ci revient bredouille et lui conseille d’aller s’allonger un peu plus loin dans l’entrée.
Elle se lève, prend son sac, va s’allonger et lui reste planter là dans la salle d’attente à lire un magazine. Quel naze ! Cependant, j’apprécie de ne plus entendre sa chère et tendre
exprimer les douleurs de l’enfantement.
Puis vient mon tour. Je suis appelée par un jeune médecin de type asiatique qui m’invite à le suivre dans la salle d’examen gynéco. Déjà la pièce est minuscule et sa porte immense, qui donne
droit sur la table d’auscultation et d’échographie ! Bordel. Je m’assoie et j’écoute l’interne qui visiblement n’a pas jeté un coup d’œil à mon dossier avant de me parler. Donc, je reprends
tout de suite les choses en main et je lui explique ma situation et pourquoi je suis là. Il me répond « ah », rien de plus. Des années de facs de médecine pour un « ah ».
C’est beaucoup de travail pour un piètre résultat, il me semble.
Pendant ces deux minutes, un externe - qui semble tout droit sorti de Grey’s Anatomy : un faux docteur Glamour de type méditerranéen - est rentré dans la salle, sans frapper, et
s’est mis à commenter mon dossier. « Tiens, vous êtes suivies par le docteur Truc, elle met toujours les trucs important en rouge dans les dossiers ». Et alors ? me dis-je.
Qu’est- ce que ça peut te foutre ? je me demande en suite. Bon d’accord, je suis toujours sur les nerfs à cause d’hier et ça ne va pas s’arranger. L’interne émerge de sa léthargie et décide
de me faire une nouvelle échographie.
Là, vous vous en doutez, je saute de joie, j’exulte et je fais le tour de la salle d’examen en chantant ‘It’s a wonderful world’. Sérieusement, fidèle à ma politique de
‘il-faut-tout-faire-pour-que-les-choses-désagréables-passent-le-plus-vite’, je commence à défaire mon pantalon et une personne ouvre la porte en grand juste pour saluer Faux Glamour. Je lance un
regard plus noir qu’un ristretto à l’intrus qui comprend vite le message et s’éclipse.
Au moment d’enlever ma culotte, une autre personne entre dans la salle d’examen, juste pour dire ‘bonjour’, encore. Je pète un câble et je demande « cette salle va être un hall de gare
pendant toute la durée de la consultation ? ». Le faux docteur Glamour commence à vouloir argumenter tout en jouant de son charme : « oui, mais bon, vous savez, c’est un CHU
ici… » Je lui coupe la parole : « Je comprend qu’il faille former les médecins. Mais vous devez comprendre que je n’ai pas envie de montrer mon cul à tout l’hôpital, non ? Bon
sang, on est en pleine consultation gynécologique. Et la dignité du patient, on ne vous apprend pas ça en fac de médecine ??? »
L’interne, visiblement timide, utilise sa réserve naturelle en guise de verni professionnel. Il me demande de m’installer sur la table d’auscultation pendant que le faux docteur Glamour prépare
l’endoscope. Bordel je déteste ce truc là. Et l’interne de me dire « détendez-vous ». Pardon ? Et s’il s’imaginait, lui à moitié à poil sur une table d’auscultation avec deux
inconnus qui lui reluque les entrailles avec un endoscope, il serait détendu, lui, les pieds dans les étriers ? Non, non, non et non !! Et là, je vous le donne en mille, une autre
personne entre dans la salle d’auscultation alors que je suis en position gynécologique !
C’est une interne que j’ai déjà vue. Elle me reconnaît, me salue et s’inquiète de savoir comment ça va. Je lui dis que ça pourrait aller mieux, toujours avec l’endoscope là où je pense et, au
bout de l’appareil, monsieur Timide qui le manipule. Alors qu’elle attrape mes
clichés et discute avec l’interne de la marche à suivre, Faux Glamour regarde entre mes cuisses !!! Faux pas se gêner tant qu’il y est, pourquoi ne pas faire une vidéo amateur et la
vendre sur le net ! Je le maudis intérieurement lui et son engeance, sur vingt générations, au moins.
A la fin de l’examen, je me rhabille aussi vite que Superman après avoir sauvé la veuve et l’orphelin, récupère mes affaires et attend le verdict dans la salle prévue à cet effet. Bizarrement les
deux Dupont et Dupond n’ont pas osé m’adresser à nouveau la parole et m’ont envoyé leur collègue féminine qui m’annonce : « arrêtez votre pilule pendant un mois, cela devrait arranger
les choses. »
Tout ça pour ça.
Bordel.
Vive le système de santé français.
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