People or not people de Lauren Weisberger ou l’éloge de la bonne copine
Je viens de terminer People or not people de Lauren Weisberger. Son nom ne vous dit rien . Ecoutez plutôt : c’est l’auteur du roman Le diable s’habille en Prada. Vous la remettez maintenant, n’est-ce pas ? Et bien, elle s’est mise au travail et a écrit un second roman. Celui-ci parle du milieu professionnel des relations publiques à New-York.
Bettina Robinson, une jeune femme âge de 27 ans quitte son boulot dans une banque sur un coup de tête. Fort heureusement pour elle, son oncle Will – chroniqueur à la verve réputée – lui trouve une place dans une agence de communication qui a le vent en poupe. Dès son entrée chez Kelly&Co, la vie de la jeune femme est bouleversée.
Plus question de suivre sa routine habituelle, de sortir de force Millington sa yorkshire poly-allergique, d’assister aux réunions de son club de lecture de romans sentimentaux ou de dîner tous les jeudis en compagnie de son oncle, elle doit se montrer dans toutes les boîtes branchées de la ville et faire la fête pour le bien de sa carrière. La pauvre n’a même plus le temps de voir Pénélope, sa meilleure amie.
Comme si ce bouleversement ne suffisait pas à la peine de miss Robinson, la presse a scandale la poursuit et détaille, amplifie et déforme le moindre de ses gestes. People or not people, originalement intitulé Everyone worth knowing reprend les mêmes mécanismes que Le diable s’habille en Prada. L’auteur nous propose l’histoire d’une jeune femme diplômée en lettres qui débute une nouvelle carrière dans le milieu des jeunes-gens-beaux-et-riches sans trop savoir où elle débarque. Elle a une meilleure amie loyale et fidèle, des parents qui ne comprennent rien à ce qu’elle fait et un gros dilemme sentimental à résoudre. Malgré ce manque d’originalité, le livre se dévore. Pourquoi vous demanderez-vous ? Parce qu’il est écrit sur le ton de la confidence d’une copine à une autre copine. À partir de là, il n’est pas difficile de s’identifier au personnage et d’avoir envie de connaître la suite.
Lauren Weisberger fait tout ce qu’il fait pour. Elle a créé un personnage qui a à peu près le même âge que son lectorat et qui débarque de sa province ; elle boit aussi comme un trou, ce qui la rend à la fois sympathique, parce que pas moraliste, et inoffensive parce qu’elle est régulièrement saoule et qu’elle ne risque pas de voler le mec d’une autre – ce qu’elle ne fait pas dans le roman, d’ailleurs...
En ce qui me concerne, c’est avec un immense plaisir que j’ai trimballé partout le grand livre rose sous mon bras. Je me suis délectée des aventures de Bettina tout en sachant que c’était très éloigné de ma réalité et que jamais je ne vivrais ce qu’elle a vécu. Je me suis éclatée de rire dans le métro, j’ai laissé refroidir mon poulet-frites à la cantine et passé pas mal de temps à la lire dans ma baignoire, parce que je n’arrivais pas à le lâcher, que j’appréciais très simplement le divertissement qu’il me proposait et que je savais, qu’une fois le livre fini je pourrais retourner à ma routine qui n’est vraiment pas si mal. Je n’ai qu’une chose à rajouter : à quand le prochain roman de Lauren Weisberger ?


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