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Livres

Jeudi 20 juillet 2006

People or not people de Lauren Weisberger ou l’éloge de la bonne copine 

  Je viens de terminer People or not people de Lauren Weisberger. Son nom ne vous dit rien . Ecoutez plutôt : c’est l’auteur du roman Le diable s’habille en Prada. Vous la remettez maintenant, n’est-ce pas ? Et bien, elle s’est mise au travail et a écrit un second roman. Celui-ci parle du milieu professionnel des relations publiques à New-York.  

 Bettina Robinson, une jeune femme âge de 27 ans quitte son boulot dans une banque sur un coup de tête. Fort heureusement pour elle, son oncle Will – chroniqueur à la verve réputée – lui trouve une place dans une agence de communication qui a le vent en poupe. Dès son entrée chez Kelly&Co, la vie de la jeune femme est bouleversée.  

Plus question de suivre sa routine habituelle, de sortir de force Millington sa yorkshire poly-allergique, d’assister aux réunions de son club de lecture de romans sentimentaux ou de dîner tous les jeudis en compagnie de son oncle, elle doit se montrer dans toutes les boîtes branchées de la ville et faire la fête pour le bien de sa carrière. La pauvre n’a même plus le temps de voir Pénélope, sa meilleure amie.

 Comme si ce bouleversement ne suffisait pas à la peine de miss Robinson, la presse a scandale la poursuit et détaille, amplifie et déforme le moindre de ses gestes.  

People or not people, originalement intitulé Everyone worth knowing  reprend les mêmes mécanismes que Le diable s’habille en Prada. L’auteur nous propose l’histoire d’une jeune femme diplômée en lettres qui débute une nouvelle carrière dans le milieu des jeunes-gens-beaux-et-riches sans trop savoir où elle débarque. Elle a une meilleure amie loyale et fidèle, des parents qui ne comprennent rien à ce qu’elle fait et un gros dilemme sentimental à résoudre. Malgré ce manque d’originalité, le livre se dévore. Pourquoi  vous demanderez-vous ? Parce qu’il est écrit sur le ton de la confidence d’une copine à une autre copine. À partir de là, il n’est pas difficile de s’identifier au personnage et d’avoir envie de connaître la suite.  

 

Lauren Weisberger fait tout ce qu’il fait pour. Elle a créé un personnage qui a  à peu près le même âge que son lectorat et qui débarque de sa province ; elle boit aussi comme un trou, ce qui la rend à la fois sympathique, parce que pas moraliste, et inoffensive parce qu’elle est régulièrement saoule et qu’elle ne risque pas de voler le mec d’une autre – ce qu’elle ne fait pas dans le roman, d’ailleurs... 

En ce qui me concerne, c’est avec un immense plaisir que j’ai trimballé partout le grand livre rose  sous mon bras. Je me suis délectée des aventures de Bettina tout en sachant que c’était très éloigné de ma réalité et que jamais je ne vivrais ce qu’elle a vécu. Je me suis éclatée de rire dans le métro, j’ai laissé refroidir mon poulet-frites à la cantine et passé pas mal de temps à la lire dans ma baignoire, parce que je n’arrivais pas à le lâcher, que j’appréciais très simplement le divertissement qu’il me proposait et que je savais, qu’une fois le livre fini je pourrais retourner à ma routine qui n’est vraiment pas si mal. Je n’ai qu’une chose à rajouter : à quand le prochain roman de Lauren Weisberger ?

Le site officiel de l'auteur

 

 

 

 

 

Par Polgara
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Samedi 22 juillet 2006

Oui, je suis tombée dedans, je l’avoue. J’ai lu et apprécié les deux romans de Lauren Weisberger et j’ai voulu en lire d’autres du même genre : la littérature pour nanas, aka Chick litt’ . Comme j’ai à peu près une heure de transport à tuer par jour, je me suis acheté trois romans dans la même veine à la Fnac du CNIT. 

Dans les rayons, je regarde les titres, les chiffres de vente et me décide pour trois titres : Et plus si affinités d’ Amanda Trimble, Confessions d’une accro du shopping de Sophie Kinsela et Blonde attitude de Plum Sikes. Ma conscience d’intello frémit, proteste, s’insurge, et comme on mange une salade pour se rassurer après avoir englouti une raclette, je me suis jetée sur un lexique de locutions latines. L’honneur est sauf, en apparence. 

Arrivée à la maison, je m’installe dans le canapé et commence à lire Et plus si affinités d’Amanda Trimble, surtout parce qu’il est écrit plus gros que les deux autres titres et que son interligne est supérieur ; conclusion : c’est un livre qui devrait se lire vite - fainéantise, ma compagne de toujours. 

Les personnages principaux de ces romans semblent avoir quelques points en communs : ce sont de jeunes femmes, accros du shopping, affublées d’une bande de copines hystériques qui ne peuvent pas s’empêcher de commenter leur vie sentimentale par le menu. Bien sûr, elles se veulent toutes branchées, indépendantes et fortes mais elles rêvent à l’unisson de se marier, de pondre un troupeau de mômes et d’emménager dans une maison de banlieue avec une clôture blanche.

Je n’ai lu qu’un quart du livre de d’Amanda Trimble mais une chose me semble évidente :  la littérature pour nanas est l’équivalent du foot pour les femmes : un moyen rapide et efficace d’abrutissement massif et simultané des masses.

Tiens, maintenant que j’y pense, le début du courant de la littérature pour nanas coïncide avec l’arrêt des rediffusions d’Hélène et les garçons. Y aurait-il une corrélation ??? 

En ce qui concerne Et plus si affinités, je suis étonnée par l’immense talent de l’auteur à faire ressortir l’inconséquence de ses personnages, au premier comme au second degré.

 Le site officiel d'Amanda Trimble 

 

 

Par Polgara
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Mardi 25 juillet 2006

Bon, ça y est, j'ai fini ce roman aujourd'hui à midi entre mon steak haché et ma compote à la cantine.
En plus d'une absence totale de style, ce roman fait l'éloge d'une héroine décérébrée, irresponsable, inconstante, imbue d'elle même et totalement soumise à une copine tyrannique - tiens, ça me rappelle une ancienne collègue qui adorait s'habiller en géant vert...
Bref, ce livre ne restera sûrement pas longtemps dans ma bibliothèque.
Mais ne voyons pas tout en noir. Je continue mon exploration de la chick' lit'- j'ai quand même acheté ces bouquins - et j'ai presque réussi à cerner tous les passages obligés d'un tel roman.
Le premier et le plus évident est le bar.
Que ce soit le champagne, le gin, le martini ou la guiness, toutes les héroïnes de ces romans aiment se bourrer la gueule.
Pour des filles qui évoluent presque exclusivement dans le domaine de la mode, c'est pas très classe.

Par Polgara
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Jeudi 27 juillet 2006

Selon l'Associated Press, une nouvelle édition de Sur la route de Jack Kerouac devrait être publiée aux Etats-Unis par Viking, une filiale de Penguin Books USA.
En effet, la première maison d'édition aurait censuré certains passages du manuscrit relatifs à la drogue et au sexe.
La nouvelle édition reprendra tous les passages qui ont été écartés en 1957 en se basant sur le manuscrit original.
Stella Sampras, la veuve de Jack Kerouac, souhaiterait que cette nouvelle édition paraisse en 2007 pour le cinquantenaire de la première édition.

Par Polgara
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Samedi 29 juillet 2006
Après le roman d’Amanda Trimble, je suis passée à Blonde attitude de Plum Sykes. Et je me suis VRAIMENT ennuyée dès la première page. Étais-je devenue blasée de la chick’lit ?
Fidèle à mes – très rares : ) - bonnes habitudes, j’ai recherché plus d’informations sur le livre et sur l’auteur.
Et oh ! miracle ! Je n’étais pas la seule à m’être affreusement ennuyée. Une chroniqueuse du New York Chronicles a décrit le livre comme suit : Sex and the city sans sexe et Le diable d’habille en Prada, sans diable. Autant dire que le récit des tribulations sociales de post-adolescentes hystériques, anorexiques refaisant leur couleur tous les treize jours, et recherchant désespérément un mari pour aller avec leur sac à mains ne m’a pas vraiment passionnée. Pourtant on y parle de sacs à mains, donc ça aurait du m’intéresser au moins un minimum. Mais non.
Ce livre ressemble vraiment à un devoir laborieusement écrit au kilomètre par une lycéenne ayant pour seul but de grappiller quelques points pour l’encre versée sur le papier.
Quand je pense que Miramax books a payé 625 000 $ - soit à peu près un dollar le signe - d’avance sur droits d’auteur à Plum Sykes en 2002, j’ai du mal à comprendre et je pense que les auteurs professionnels doivent en bouffer leur chapeau.
 
Comme je n’aime pas rester sans comprendre quelque chose, je suis retournée sur le web pour pousser mon enquête un peu plus loin.
Je découvre que :
-          Plum Sykes travaille chez Vogue US ;
-          Plum Sykes est une amie personnelle d’Anna Wintour ;
-          Plum Sykes était LA Paris Hilton des années quatre-vingts ;
-          Plum Sykes a écrit un roman largement autobiographique, donc elle doit s’ennuyer à mourir dans la vie ;
-          Plum Sykes n’aime pas Lauren Weisberger.
 
Donc, le fin mot de l’histoire est là :
Le livre de Lauren Weisberger a fait un tabac monstrueux, il fallait riposter et redorer le blason de la haute société et surtout le monde de la mode. Qui était mieux indiquée qu’une protégée d’Anna Wintour, que l’ancienne mascotte de la jet-set, l’icône du chic New-Yorkais et une rédactrice de mode ?
Le hic, c’est que le bouquin est nul.
Non seulement il ne redore pas le blason des petites filles riches consommatrices compulsives, mais en plus il ne fait que mettre en relief les qualités du roman de miss Weisberger – qui en a écrit un deuxième depuis.
En définitive, Blonde attitude est à réserver pour le cas où vous avez envie de faire un cadeau empoisonné à une collègue que vous n’aimez pas, mais alors vraiment pas du tout. Sinon, gardez votre argent.
Si j'avais été Plum Sykes, j'aurais touché 2 600$ pour écrire cet article ....
Par Polgara
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Mardi 15 août 2006
Pour répondre à la demande de Lucie, je vais vous parler de Robin Hobb. Je ne vous parlerai pas de son travail et de tout le bien que j’en pense, pour ça, il y a une excellente revue nommée Faeries qui a fait un dossier dessus, publié une interview ainsi qu’une nouvelle inédite. Pour ceux qui pratiquent l’anglais, ils peuvent aussi aller sur son site web officiel. Ses bouquins sont géniaux, les traductions en français excellentes, alors si vous avez envie d’acheter un de ses romans, foncez, vous ne le regretterez pas.
Ceci dit, je voulais vous parler de l’influence qu’à eu Robin Hobb sur moi tant sur le plan professionnel qu’amical.
Quand je suis entrée en IUP métiers du livre je ne connaissais rien de la fantasy à part DragonLance. C’est une amie qui m’a dit : tu devrais essayer La série de l’Assassin Royal de Robin Hobb, c’est vraiment génial. Et je m’y suis mise, non sans réserves je dois bien l’avouer. Pourtant, au fil des pages et de l’histoire extrêmement bien conçue, je me suis laissée gagner par cette fièvre qui touche tous les fans de cet auteur. Une fois qu’on a commencé l’une de ses séries, c’est vraiment très difficile de s’arrêter, notamment parce qu’on a envie de savoir ce qui va arriver à ses héros tête à claques – au hasard ^-^ FitzChevalerie et Altéa. Eh ! oui, dans le domaine de la création de personnages principaux têtes à claques mais terriblement attachant, Robin possède une véritable maestria. La qualité de ses personnages n’est plus à prouver. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’elle a écrit plus de dix livres avant d’écrire le livre qui l’a rendue mondialement célèbre
J’ai passé tant de soirées, journées, trajets en bus à dévorer ses livres que certaines personnes ont commencé à poser des questions et par forcément les bonnes.
À Noël, il y a quelques années, j’ai lu les tome 5 et 6 de l’Assassin Royal en à peine deux jours. Je mettais à peine le nez dehors et limitais mes interactions avec les êtres humains à la portion congrue. Ma grand-mère m’a même demandé comment je pensais trouver un mari si je passais tout mon temps à lire. Elle a sous-entendu que jamais un homme ne s’intéresserait à une femme qui passe autant de temps le nez dans les bouquins au lieu de s’occuper de lui ou de la maison. Heureusement que les temps ont changé ! : )
La qualité de l’œuvre de Robin Hobb est telle qu’elle est citée en exemple par les autres auteurs et pas les moindres. Dans son manuel Comment écrire de la fantasy et de la SF, Orson Scott Card cite le travail de Robin Hobb pour illustrer son propos et montrer ce qu’il faut faire.
Commencer en Fantasy par un auteur aussi brillant, c’est aussi mettre la barre très haut pour tous les autres qu’on va lire par la suite, et nombreux sont ceux qui ne tiennent pas la comparaison. Cependant, la pluralité de styles et d’univers est une bonne chose. Robin Hobb, encore, illustre parfaitement ce propos. Elle a écrit dans tous les domaines de l’imaginaire : Science-Fiction, Fantastique et Fantasy, en s’imprégnant des influences des romans d’aventures et du polar. Elle n’a pas hésité à s’associer à un auteur au style radicalement différent, Steven Brust, dans l’écriture de La nuit du Prédateur. Je suis en train de le lire, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce roman est captivant, intriguant, vraiment étrange mais avec un fort taux d’addiction. Et comme tous les fans de Robin Hobb, j’aime parler de son œuvre avec d’autres fans. J’ai loupé pas mal de stations de métro parce que je discutais avec une copine d’une scène que je venais juste de lire. Ce genre de conversations m’a permis de rencontrer pas mal de monde et m’a ouvert des portes que je n’aurais jamais pu franchir même si j’avais essayer de les passer avec un char d’assaut.
Depuis que j’ai commencé à lire cet auteur, je suis devenue une impatiente littéraire telle que je préfère acheter et lire les éditions anglo-saxonnes des romans de Robin Hobb parce que c’est tellement bien de ne pouvoir les payer pas cher sur Amazon (6 € pour l’édition reliée de Shaman’s crossing, j’allais pas m’en priver). Pygmalion, son principal éditeur français préfère largement diviser ses romans en trois tomes et les vendre 20 € chacun, et ça, c’est pas terrible.
Enfin, j’ai eu la chance d’interviewer cet auteur un jour. J’ai été très surprise de constater qu’elle ne planifiait pas ses intrigues politiques à l’avance et que certains personnages essentiels tels que le Fou étaient né au fil de l’écriture et qu’ils n’avaient pas été prévus au début de son processus d’écriture de L’assassin royal. J’ai également été très agréablement surprise de me rendre compte que malgré ses millions de livre vendu et sa notoriété mondiale, elle avait su rester simple et accessible.
Tout ça pour dire que ce n’est pas un hasard si Robin Hobb est un des auteurs que je lis le plus, assise dans mon lit, pendant une bonne partie de la nuit et luttant contre le sommeil pour pouvoir lire une page de plus, puis une autre, puis une autre…
 
EDIT: j'ai pas pu m'en empêcher, j'ai dit tout le bien que je pensais de son travail...
Par Polgara
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Mercredi 16 août 2006
Ma chronique du roman d'Ethan Black, À la vie, à la mort est en ligne sur le site des Chroniques de l'imaginaire à cette adresse là. Bonne lecture : )
Par Polgara
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Mercredi 16 août 2006
Ma chronique du dernier roman de Didier Quesne La lande aux sorciers est en ligne sur le site des Chroniques de l'imaginaire à cette adresse là.
Par Polgara
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Mercredi 16 août 2006
Ma chronique du manuel d'Orson Scott Card , Comment écrire de la Fantasy et de la SF, est en ligne sur le site des Chroniques de l'imaginaire à cette adresse là.
Par Polgara
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Mercredi 16 août 2006
Ma chronique du roman de Laurent Scalese, Le sang de la mariée, est en ligne sur le site des Choniques de l'imaginaire à cette adresse là.
Par Polgara
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